La Dernière Vague

De ce labo photo où mon père développait ses négatifs, aujourd’hui il ne me reste plus que le souvenir de l’odeur âcre des produits, l’image des rouleaux suspendus dans le vide et quelques tirages noir et blanc.

La maison de mon enfance et le labo ont été abandonnés brusquement en 1964 : mon père en avait décidé ainsi.

Mais il nous restait l’autre maison. Celle où nous passions de longs étés et vivions tous les cinq, cette petite maison en bois que mon grand-père avait construite dans le petit village de Piquey. Nous l’aimions tous, cette minuscule cabane adossée à la dune et exposée aux vents de l’océan. En regardant ces images, c’est ma mère qui réapparaît alors qu’elle s’était effacée depuis si longtemps, bien avant de nous quitter un jour de septembre 1996.

Je veux aujourd’hui associer ces images rescapées à des photos de blockhaus que j’ai réalisées depuis 2006, sur les traces d’une guerre dont il ne reste que des murs et des ferrailles qui disparaissent inexorablement au fond de l’océan.

Chantal Caramatie

Crédits

Photographies anciennes, films Super 8 : Robert Caramatie

Photographies des blockhaus, conception et textes : Chantal Caramatie

Infographie, mise en page : Benjamin Caramatie

Scan photo : Joël Arpaillange